Les voyages intérieurs nous mènent vers les voyageurs , l'abolition des frontieres reste un mythe tant que le voyageur
n'est pas prêt à accepter d' ouvrir les portes d'accès aux âmes terrestres et célestes ...
selon les Sumériens (3500 avant J-C) :
Ce sont d'abord les Sumériens qui ont invente le mythe de l'origine de l'univers en Mésopotamie et ont inscrit leurs différents récits sur des tablettes d'argile. A l'origine, il y a Nammu,
la Mer primordiale.
Cette Mer engendre un couple d'enfants : An, dieu du Ciel, et Ki, déesse de la Terre. Eux-mêmes auront pour enfants Enlil, le dieu de l'Air et Ninlil, la déesse du Blé...
C'est Enlil qui provoque la séparation de ses parents : le Ciel sera désormais en haut et la Terre, en bas.
Parmi leurs descendants, on trouve Nanna ou Sin, le dieu de la Lune, et Outu, le dieu du Soleil. Enlil a un compagnon nomme Enki, Seigneur de l'abîme et de la Terre, et maître des Destins ;
celui-ci va apporter sur Terre l'eau nécessaire a la vie. Enki devient alors le dieu primordial et principal des Sumériens : il est l'organisateur de l'univers : c'est lui qui crée les hommes et
la civilisation.
Pour les Sumériens, la Terre est comme une montagne non entourée d'eau. Au sommet d'un pic neigeux central siégent les dieux. La coupole céleste de métal s'appuie sur une muraille bordant
la Terre.
Pour les Babyloniens, qui reprennent bien des éléments de la mythologie sumérienne, le monde est ne de la fusion entre Apsou - dieu de l'eau douce -
et Tiamat - déesse de l'eau salée, représentée sous la forme d'un monstre, et qui symbolise le chaos primitif contre lequel vont lutter les dieux intelligents et organisateurs.
Apsou et Tiamat auront des enfants : d'abord Moummou, le Tumulte des flots, puis Lahmou et Lahamou, un couple de Serpents monstrueux qui vont eux-mêmes donner naissance a Anshar, principe male et
céleste, et a Kishar, principe femelle et terrestre.
Anshar et Kishar auront a leur tour des descendants, parmi lesquels on retrouve les dieux sumériens du Ciel : Anou (équivalent de An), du Vent : Enlil ou Bel, et de l'eau et de la sagesse : Enki
ou Ea.
Enki aura un fils qui va devenir le dieu principal du panthéon babylonien : Mardouk. Celui-ci va combattre la dragonne (parfois représentée sous la forme d'un gigantesque poisson) Tiamat et la
met en pièces : grace à cette victoire, il organise l'univers a partir des débris de Tiamat.
D'une moitie du monstre, il fait d'abord le Ciel, voûte creuse dans laquelle il crée une demeure pour les dieux. Il installe aussi dans le Ciel les étoiles, qui sont l'image des dieux. Enfin, il
y place la queue du monstre pour former la voix lactée.
Puis, avec l'autre moitie de Tiamat, Mardouk cree la Terre. Celle-ci est un plateau rond et creux. Il crée également l'espèce humaine, parait-il au moment de la nouvelle lune. (Le premier homme
s'appelle Anu et Mardouk lui remet la tablette des destins, talisman du pouvoir suprême.) A l'intérieur de la Terre se trouve le séjour des morts. Mardouk perce les deux yeux de Tiamat pour créer
les sources des deux fleuves le Tigre et l'Euphrate. La Terre a la forme d'un plateau rond qui flotte sur l'Apsou. Elle est bordée de montagnes sur lesquelles repose la voûte céleste. La forme
générale du monde est celle d'une caisse fermée, dont notre Terre constitue le fond.
Parmi les autres divinités cosmiques, il faut mentionner : Sîn, le dieu Lune, très important ; ses deux enfants sont Shamash, le dieu Soleil, et Ishtar, la planète Venus. C'est donc de la nuit
qu'est venue la lumière. Mais d'autres récits disent que Sin et Shamash sont les enfants de Tiamat.
Chaque soir, Sin monte sur sa barque, le croissant lunaire, et parcourt toute l'étendue du ciel. Parfois, le croissant devient un disque, couronne du dieu. Dieu de clarté, il empêche les méchants
de nuire durant la nuit. Il est mystérieux a cause de ses multiples changements de forme. Les esprits malfaisants, aides par les propres enfants du dieu, essaient de lui nuire mais Mardouk
rétablit l'ordre. C'est encore Sin qui divise le temps, ainsi que l'a décide Mardouk lors de la création. C'est enfin un dieu plein de sagesse, que l'on vient consulter. Il a encore un autre
fils, Nouskou, le dieu du feu.
A l'aube, Shamash gravit la montagne de l'est, monte sur son char et commence son ascension ; le soir, il se dirige vers une montagne de l'ouest : une porte s'ouvre et pénètre dans les
profondeurs de la Terre ; puis il rejoint la montagne de l'est. C'est surtout le dieu de la justice : il effraie les méchants. C'est aussi le dieu de la divination. Il déchiffre en particulier
les décrets des dieux dans la position des astres, le mouvement des planètes, les météores.
Il existe aussi, nous l'avons vu, Ishtar, la planète Venus, déesse des matins et des soirs. C'est une divinité complexe, tantôt déesse de la Guerre, tantôt de l'Amour.
La constellation d'Orion est personnifiée par Nin-Girsou, vite devenu dieu guerrier et chasseur. Il y a aussi bien d'autres divinités cosmiques : des orages (Adad), du feu (Gibil et Nouskou), des
eaux (Enki ou Ea et sa fille Nina), de la Terre mère (Gatoumdoug, par exemple), de la végétation (Tammouz)...
Comme dans les autres mythologies, on trouve le récit du déluge : un jour, les dieux decident de detruire la race humaine : c'est le déluge. Seul Ea a pitié des hommes et s'arrange pour qu'un
mortel puisse construire un immense vaisseau et y mettre sa famille et ses animaux. Mais les dieux envoient par la suite d'autres fléaux aux hommes. Ea doit demander à la déesse Mami de
reconstruire une nouvelle race d'hommes. Désormais, les hommes et les dieux vivent en paix.
Les Sumériens ont été les inventeurs de l'écriture (cunéiforme).
Les Babyloniens, qui leur succèdent, accordent beaucoup d'importance a la magie et a la divination (qui leur permet de prédire l'avenir). Ils sont les inventeurs de ce qu'on appelle encore
aujourd'hui l'astrologie. Ils s'intéressent donc particulièrement aux phénomènes célestes ; ils pensent que les astres ont une influence sur la vie humaine et que l'on peut prédire l'avenir en
les regardant. Ce sont les prêtres qui détiennent les secrets de cette double science. Pour toutes ces raisons, les Babyloniens développent des connaissances très poussées en mathématiques.
Sur leurs tablettes d'argile, ils rédigent des éphémérides (indications recueillies jour après jour sur la position des astres). Ils établissent aussi les horoscopes des individus.
En outre, ils élaborent vers 1500 avant J-C leur calendrier en utilisant le cycle de la lune : l'année comprend douze mois ou lunaisons. Le mois commence le soir ou apparaît un nouveau croissant
de lune, juste avant le coucher du soleil. Mais les mouvements de la lune sont très complexes ; un mois peut donc comporter 29 ou 30 jours. De plus, la visibilité du premier croissant dépend
d'une foule de paramètres. C'est pourquoi il est nécessaire, pour établir ce calendrier, d'observer très précisément les mouvements quotidiens de la lune et du soleil. En outre, a cause du
décalage déjà observe dans le calendrier des Égyptiens, ils sont obliges d'ajouter de temps en temps un treizième mois. La semaine suit également les phases de la lune et les jours portent le nom
du Soleil, de la Lune et de cinq planètes. Au total, l'astronomie grecque devra beaucoup aux Babyloniens.